• Vie en 1943, Auxence.

      Aujourd’hui c’est un jour important. Ce soir, mon oncle vient nous voir. Il va nous donner de nombreux détails sur les cartes de ravitaillement. On ne s’en sort plus avec tous les rationnements, d’année en année c’est de pire en pire. Mon père a l’idée de faire des fausses cartes de rationnement, il ne me l’a pas dit mais j’ai compris. C’est pourquoi il a besoin de tous les renseignements sur les cartes.

      Mes parents ont un petit café dans le XIIème arrondissement de Paris, à côté de la gare de Lyon. On vit au-dessus du restaurant avec ma sœur qui a dix-sept ans et mon petit frère de 3 ans.  Moi j’ai douze ans. Notre vie a beaucoup changé depuis la guerre, enfin pas pour tous, car ma sœur a toujours la même vie.
    Bien sûr, comme il n’y a presque plus d’essence à cause du rationnement, il n’y a plus beaucoup de voitures dans Paris et tout le monde se retrouve dans le métro. Les seules voitures qu’on voit sont celles de l’administration, des médecins, des allemands et de ceux qui sont bien avec eux. C’est vrai qu’il est difficile, même impossible, de monter dans un autobus à gaz, bondé de monde. Pour le métro, ce n’est pas beaucoup mieux. Il faut se battre pour entrer dans une rame et plus encore pour en descendre. On dit que depuis le début de la guerre plus d’un milliard de voyageurs emprunte le métro chaque année. Cela fait râler quand on voit que les allemands de la Wehrmacht voyagent gratuitement et tranquillement en première classe. A cause de tout cela, ma sœur a connu un changement dans sa vie, elle va au lycée en bicyclette. Là encore, elle a beaucoup de chance, car même s’il y en a beaucoup, au point qu’il faut les
     immatriculer maintenant, cela coûte très cher. Celle de ma sœur n’est pas neuve mais elle quand même coûté le salaire moyen d’un ouvrier qualifié, comme a dit Papa, soit 2500 francs. Heureusement, Papa a beaucoup d’amis, et ils s’aident pour trouver de bonnes occasions.


      Donc à part ce changement, la vie de ma sœur ne semble pas très perturbée par la guerre. Aujourd’hui dimanche, elle va aller au cinéma en matinée avec ces amis. Elle a dit qu’elle ne pouvait pas rater « Douce », de Claude Autant-Lara, qu’elle irait voir au Maillot Palace avenue de la Grande Armée. L’après-midi, avec ses amis, elle ira à la piscine Deligny.


      La guerre a surtout changé la vie de maman. Aujourd’hui, elle se repose un peu, car demain est une grosse journée de ravitaillement.  Tout est rationné : pain, viande, pâtes, sucre, café, charbon, textile, essence,...  Le premier rationnement c’était le pain, après les pâtes alimentaires, le sucre c'était ensuite le tour du beurre, du fromage, de la viande, du café, de la charcuterie, des œufs, de l'huile, puis du chocolat, du poisson frais, des légumes secs, de la triperie, des pommes de terre, du lait, du vin.


      Les rations diminuent d'année en année, et les difficultés de production ou de transport entraînent souvent, en dehors de toutes dispositions légales, des restrictions supplémentaires. Maman fait continuellement la queue devant les magasins, avec une chaise et mon petit frère. Elle dit que cela lui permet de discuter pendant toutes ces heures et d’avoir des informations sur le marché noir et de bons conseils. C’est un vrai métier de faire la queue et de gérer toutes les cartes. Comme mon frère a moins de quatre ans, le gouvernement lui a donné une carte nationale de priorité qui lui permet pour certains magasins de ne pas attendre. Dans un très gros portefeuille, elle range donc les cartes de vêtements et d’articles textiles, les cartes de famille, les cartes de tabac, de vin, les bons d’achat pour une veste de travail ou une culotte de bain, les coupons permettant l’acquisition d’une paire de chaussures et les tickets pour les articles de ménage en fer et les articles d’écolier,… C’elle aussi qui gère  les colis familiaux.  Il parait que 300 000 colis sont livrés chaque jour à Paris. Heureusement que toute sa famille est en Gironde, ce sont des agriculteurs qui nous envoient de nombreux colis, toujours remplis de bonnes choses. Mais nous ne gardons pas tout pour nous, mes parents utilisent certaines denrées pour le marché noir. Il ne faut pas en parler mais comme beaucoup de parisiens, mes parents font du marché noir.


      Aujourd'hui, Papa y consacre toute sa journée, on ne le voit pas beaucoup. Il ne faut pas en parler mais cela nous permet d’avoir plus de charbon que Les rations sont de 300 kg pour deux mois en 1943 prévues cette. année distribuées. Il faut bien se débrouiller. Grâce au marché noir, mon père approvisionne son café et nous avons de bonnes chaussures. Il y a des jours où les restaurants et cafés ne servent pas de viande ni d’alcool, ce n’est pas pour la morale comme le dit le gouvernement mais parce qu’il n’y a pas assez de denrées.


      Moi je passe mon dimanche à faire les comptes pour le café, car depuis 1940, mes parents n’ont plus d’employé, celui qu’il avait est parti en zone libre et il n’est pas revenu. J’aide donc à tenir les comptes. C’est aussi comme cela que je sais beaucoup de choses sur le ravitaillement, le marché noir et le projet des fausses cartes de ravitaillement.


      Mon  oncle travaille au ministère du ravitaillement, c’est pourquoi il a des informations sur le papier utilisé, l’encre…En attendant sa venue, quand j’aurai fini les comptes, j’irai avec quelques copains me promener au bois comme beaucoup de parisiens.

     

    Documents, Sitographie :

     http://occupation-paris.blogspot.fr

    http://education.francetv.fr/epoque-contemporaine/troisieme

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Paris_sous_l%27Occupation_allemande

    http://www.ajpn.org/commune-Paris-en-1939-1945-75056.html

     


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